De Spiro Scimone

Traduction Valeria Tasca – l’Arche Éditeur
Créé au Théâtre Garonne – 2007

Video

Séverine Astel, Julien Lacroix, Sébastien Lange, Romain Mercier, Joke Demaître, Renaud Serraz

La petite cuisine d’une famille. Le père, la mère et Gianni le fils, s’apprêtent à faire la fête. C’est l’anniversaire des trente ans de mariage. La mère achète le gâteau, le père apporte le mousseux et c’est Gianni qui paie.
La pièce s’appelle La fête alors il faut jouer la fête, il faut faire la fête, la fête doit avoir lieu, La fête doit se jouer. Ce petit monde s’épie, s’observe : la mère regarde le père qui lit son journal, le père espionne le fils au café, le fils épie le père au bar, la mère surveille le fils qui rentre tard et accompagné.

Partant du plateau nu, le collectif De Quark met en place un dispositif scénique qui se plait à décortiquer les mécanismes relationnels au sein de la famille. Un dispositif qui se joue également de son propre processus de représentation.
Lorsque l’image entre en scène avec l’introduction de caméras, c’est pour s’approcher au plus intime du familier tout autant que pour se jouer des codes visuels contemporains.
Une cinquantaine de mini-séquences s’enchaînent avec une sorte d’amnésie de l’une à l’autre, dans une langue du quotidien aussi drôle que rythmée.

Un trio burlesque où l’on assiste aux préparatifs d’un événement qui met en abîme sa propre représentation : celle d’une famille qui semble se mettre elle-même en scène dans une comédie douce amère.


Dossier artistique
PRESSE

Le Souffleur – Mars 2013

La fête au Théâtre de Vanves

Est-ce parce qu’il s’agit de la comédie qui par le rire qu’elle provoque, anesthésie le méchant critique en nous ou parce que le collectif De Quark a trouvé la bonne formule pour ce genre de texte mais La fête est un spectacle qui a l’air de rien et qui pourtant secoue bien nos connaissances et croyances sur le théâtre, la famille, la vidéo et… la fête. Cet air de rien c’est la pauvreté nécessaire de la scène afin que le texte puisse être révélé. C’est aussi selon l’aveu du Collectif, une économie à laquelle il est contraint mais aussi une déclaration politique. À l’heure où l’on crie famine dans tous les fauteuils bien en cuir des grandes scènes françaises, ce Collectif montre que le théâtre se fait à partir de la situation dramatique et basta. (…) Les comédiens De Quark questionnent tout ce qu’ils touchent – le texte (les comédiens masculins lisent leur répliques dans le livre), l’image vidéo, le sens du réel et notre fascination pour les histoires insignifiantes. Et c’est peut-être cette perpétuelle mise en question qui est le sujet de la recherche théâtrale De Quark Tiana Krivokapic

Un fauteuil pour l’orchestre – 14 mai 2012

Critique
« La fête » de Spiro Scimone
Collectif De Quark Festival Impatience au 104

De Quark. Retenons ce nom prometteur, le nom d’une équipe de cinq personnes qui sont à la fois comédiens, metteurs en scène, qui s’emparent de façon collective des écritures contemporaines, qui par leur interrogation commune, repousse les frontières de la conscience collective. (…) Les quarks ont cette caractéristique qu’on ne les observe jamais seuls, ce sont des particules groupées, soumises aux interactions de la nature. Trois comédiens du collectif De Quark vont s’attacher à nous rendre compte du monde auquel nous sommes assujettis. L’auteur Spiro Scimone, né en 1964 en Sicile nous dit quelque chose de notre époque et nous place face à nos béances et à notre effarante prostration. La force du collectif va s’appuyer sur une mise en scène minimaliste pour nous plonger lentement dans le bain de la fête, telles des grenouilles dans une casserole d’eau posée sur le feu. Tout commence à pas feutrés. Rien ne semble nous séparer d’eux, ni rideau, ni noir, ils sont dégagés de toute convention théâtrale, et ce qui ressemblait à une ébauche de spectacle, se transforme peu à peu, en une interpellation de notre devenir. C’est donc l’air de rien que les acteurs se glissent sur le plateau nu, texte en main, c’est très tranquillement qu’ils nous font entrer dans l’univers d’un tout petit noyau familial, un père, une mère et leur fils très occupés à presque pas grand-chose. Ils s’accrochent aux mots, s’interrompent, se chevauchent, se taisent, des mots qui très vite s’avèrent être des lignes de fuite, un champ d’absurde, les personnages s’installent, et se révèlent être de drôles d’animaux humains. (…) La troupe avec une grande intelligence du jeu avance des êtres bien incapables de se débarrasser de leurs enfermements. Et c’est avec une économie de moyens que les comédiens dessinent le destin d’hommes apathiques qui font sourire. (…) Ambiance surréaliste et comique que cette réalité où l’on ne réagit pas, magnétisme clownesque où l’on regarde le temps passer. Rien ne résiste aux mâchoires du dehors qui déchirent toute tentative de vivre ensemble, où les combines font la loi, où l’on efface toute tentative de rébellion. Anna Grahm

Mediapart.fr – 23 novembre 2011

La fête suivi de Bar de Spiro Scimone au théâtre de lʼÉchangeur à Bagnolet. Jusqu’au 29 novembre

(…) Le collectif De Quark fait de ce scénario pas réjouissant un pur moment de fête théâtrale. Au fur et à mesure du spectacle, ils déploient des trésors d’inventivité, mettent en abyme le jeu, de la distanciation, texte à la main façon brechtienne, au pur sitcom trash. (…) Véronique Klein

toutelaculture.com – juillet 2011

La fête est réjouissante à La Manufacture

Une mère folle à lier, le même mari depuis 30 ans et un fils toujours à la maison. Ce soir, c’est La fête, l’anniversaire de mariage ! Le collectif De Quark vous invite à cette soirée démente.
De Quark fait du théâtre écolo… Depuis 2004, ils recyclent leurs textes, leurs costumes et leurs idées. Comme cela ils obtiennent des petites formes qu’ils peuvent ajouter à de précédentes créations. Chaque spectacle est une part d’un ensemble. (…)
Le texte est dantesque, les comédiens déploient une idée à la seconde avec un talent monstre. La fête sera l’un des spectacles indispensables du festival. Amélie Blaustein-Niddan

Evene.fr – juillet 2011

Les coups de cœur Evene

(…) Dans la mise en scène du Collectif De Quark, c’est au public d’imaginer la cuisine puisque le plateau est nu. À cette absence de décors semble s’ajouter l’absence de mémoire des comédiens : les membres du Collectif jouent le texte à la main. (…) Seule la comédienne qui interprète la mère a les mains libres et ne perd pas de temps à retrouver la bonne ligne. Cette distanciation habile et paradoxale introduit un puissant ressort psychologique : la mère donne le tempo, dirige et décide tout. Le père et le fils Gianni (acteurs/personnages) suivent comme ils peuvent, obéissent, dociles et soumis.
Le procédé colle parfaitement au rythme de l’écriture de Scimone, dont les dialogues sont secs comme des coups de trique. (…) Étienne Sorin

La Marseillaise – 23 juillet 2011

La décharge électrique !

(…) Il arrive que parfois l’on se surprenne à recevoir une bonne raclée artistique. On plonge la tête la première dans cette fresque ahurissante (…). On ne veut pas en perdre une seule goutte et l’on a envie que jamais ça ne s’arrête.
On est sans cesse dans l’attente de la prochaine surprise toujours plus grande, jamais décevante. Les acteurs, pour une fois, n’essayent pas de jouer, ils jouent réellement, et déjouent nos préjugés avec intelligence. (…) Lucile Bitan

La Provence.com – 22 juillet 2011

Une vraie claque

Une vraie claque. Parmi les coups de cœur de La Provence pour ce Off 2011, il faudra assurément compter avec La fête, que joue le collectif De Quark à la Manufacture.
Pourquoi ? C'est du théâtre contemporain. C’est grinçant et zygomatiquement convainquant. C’est ingénieux du point de vue scénographique. Et c’est joué divinement (l’auteur est italien, comme Dante) par un trio époustouflant (Séverine Astel, Julien Lacroix, Sébastien Lange). (…)
Mention spéciale à l’explosive Séverine Astel, dont la palette de jeu force le respect, et qui, en l’espace d’une seconde, peut passer de la tragédie à la plus grande légèreté commedia dell’arte des temps modernes (une Telenovela brésilienne sous cocaïne à elle toute seule). Fabien Bonnieux

France Inter – 18 juillet 2011

L’été comme je suis
par Laurence Peuron

www.franceinter.fr/personne-le-collectif-de-quark

Frictions – 12 juillet 2011

Trois fois, dans trois lieux différents

En un peu plus de quatre ans, voilà la troisième fois qu’il nous est donné de participer à La fête de Spiro Scimone organisée par le collectif (un vrai celui-là) De Quark. Trois fois, dans trois lieux différents, et donc, c’est d’une logique que l’on aimerait irréfutable dans ce milieu, dans trois moutures ou propositions différentes. (Je crois quand même avoir raté une « station » à Paris). Car si De Quark composé de six personnalités qu’il convient de citer, Séverine Astel, Joke Demaître, Julien Lacroix, Sébastien Lange, Romain Mercier et Renaud Serraz, connus et reconnus dans leurs parcours personnels, reprend à loisir la même pièce, ce n’est certes pas par paresse et volonté d’exploiter jusqu’à la lie un travail bouclé une fois pour toutes, mais vraiment, c’est leur credo, pour explorer d’autres voies possibles de lecture et de réalisation scénique à partir d’un même texte. (…) Jean-Pierre Han