De Thomas Bernhard

Traduction de Claude Porcell – L’Arche Éditeur
Créé au Théâtre de la Digue – Toulouse 2005

Audio du spectacle

Séverine Astel, Joke Demaître, Julien Lacroix,
Sébastien Lange, Renaud Serraz, Jack, Alexandre Bugel,
Sophie Laffont

Deux ministres présidents anciens nazis et leurs femmes sont en villégiature au bord de la mer du nord. Ils évoquent leur passé. Un marchand de glaces passe et les descend.

Glaces est la pièce musée de De Quark, un musée des horreurs. Les personnages aspirent inconsciemment à la mort qui les délivrera de leurs ressassements.

Nous avons traité le dramuscule de Thomas Bernhard comme une carte postale sonore. Quatre hommes-poupées se tiennent immobiles sur quatre balançoires fixes. (En partant des personnages composés par Bernhard nous avons voulu une déformation monstrueuse et infantile des corps propre à induire chez le spectateur un effet de fascination provoquant l’imaginaire). Ils ont pour toile de fond un cyclo fendu horizontalement par un rail de lumière intense.
La fiction sonore qui accompagne cette vision respecte scrupuleusement le texte de Thomas Bernhard en empruntant le code de jeu des voix au doublage des soap-opéras. Ce code télévisuel met en jeu une dramaturgie simple et n’a plus à prouver le pouvoir d’identification qu’elle a sur le (télé)-spectateur.

Dans la pièce de Thomas Bernhard, les ministres-présidents et leurs femmes sont assassinés par un marchand de glaces.
Dans l’espace créé par De Quark, le public est convié à une petite fête où il peut manger des glaces et tirer sur des ballons avec une carabine à plombs : le spectateur comprend peu à peu qu’à chaque ballon correspond un personnage de Glaces.